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Interview Pethrol

Interview, sound -

Depuis un an, Pethrol conquiert le cœur des mélomanes avertis. Aux croisement de la pop et de l’electro, Héloïse et Cédric forment un duo singulier et plein d’inventivité dans une scène musicale française parfois trop rigide. Ils font pleuvoir les éloges sur le net et serons prochainement au Printemps de Bourges ou aux Nuits Sonores ! Nous les avons rencontré à l’occasion de leur concert au Centre Pompidou pour leur poser quelques questions.

Quand et comment avez-vous la musique?
Cédric: J’ai commencé la batterie très très jeune. Je prenais des cours avec un super batteur qui m’a ouvert l’esprit et ce qui m’a permis de travailler plus l’instrument intensément, parce que c’est aussi ce qui m’intéresse.
J’ai joué pas mal de styles (d’abord rock, puis jazz/blues…), accompagné des musiciens américains et des bluesmen (Donald Ray Jonhson, Eddie Taylor Jr….). J’ai eu la chance de faire le Chicago Blues Festival et de partir en tournée en Afrique… Tout ça a été très formateur !
Je fais du jazz rock aussi, et Pethrol maintenant.

Heloise: J’ai commencé le piano à 4 ans. Je suis passé par pleins de styles différents : J’ai commencé par du métal au collège, puis du saxophone je suis passé au jazz, et ensuite au ska.
J’ai eu un projet folk pendant 6 mois, quand je suis arrivée à Lyon, j’avais vraiment envie de monter un projet folk, mais je n’avais pas forcément trouvé quelqu’un avec qui faire de la musique. Je sentais que dans cette ville il y avait moyen de faire quelque chose. Comme je n’ai trouvé personne je me suis lancée toute seule avec une guitare et un ukulélé. C’est au cours de ses 6 mois que j’ai rencontré Cédric pendant un bœuf à Villeurbanne, et de là a commencé une espèce d’aventure !

Aviez-vous déjà une idée précise de ce que vous vouliez faire ?
C: On s’est un peu cherchés !

H: Un mix entre le folk, le jazz, le blues et l’électro. Cédric a commencé à me pousser à acheter des machines. On a commencé avec un louper, une loopstation, des espèces d’effets commençaient à venir…Puis un ami m’a montré comment utilisé Ableton Live, et ça a été la révélation ! Fin 2012, les premières tracks sont sortis sur soundcloud et il fallait trouver un nom donc on est parti sur Pethrol. Pour diverses raisons. On a vu que ça marchait bien et on a commencé à se dire « Bon, on va peut-être faire un truc ».
Voilà d’où est né le projet ! Quelques mois plus tard on a rencontré un booker au mois d’avril 2013, et ça a commencé à devenir sérieux.

Quand tu pensais à ton futur projet musical, est ce que tu étais déjà orienté vers le folk, ou était-ce un maelström d’influences, récoltées au fur et à mesure?
H: J’ai pris le folk un petit peu par défaut, parce que je n’avais personne d’autre. En plus je ne suis pas forcement guitariste, je joue un peu de tous les instruments, mais le but c’était vraiment de m’amuser. Je ne me voyais pas trop faire de la chanson française ou du rock. Les textes que j’écrivais aussi à l’époque était plutôt influencés par le folk. C’est aussi à force d’écoute, les influences viennent petit à petit.

Si vous deviez définit ensemble les influences principales de Pethrol?
H: Des extrêmes ! Pethrol c’est un mot qu’on aime bien parce que ca parle d’un beau contraste : c’est à la fois l’or noir et en même temps quelque chose de très polluant. A nous deux Cédric et moi sommes aussi un beau contraste..
Toute la connaissance qu’a Cédric des rythmes africains par exemple, (qui ne me sont pas forcement familiers mais) m’apporte beaucoup et moi ce sont des influences plus électro. On s’échange pas mal de sons.

Cédric a une culture qui est un peu opposé à la mienne et du coup on s’apporte vraiment énormément de ce coté la. Pour finir, (et parce que ça nous parait important, on y a pensé il y a quelques semaines quand on nous a demandé quel est notre style musical). On dit souvent « électro pop » par défaut mais en fait on a inventé un mot. On aimerait lancer la vague Cosmo Pop. A la fois cosmopolite et le cosmos ! [rires]

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Vous avez sorti un premier EP sous forme de Cassette/clé USB, puis un deuxième, digital cette fois chez JFX Lab. Comment cela s’est il passé?
H: Le premier EP, on a réalisé quelques chansons, c’était le début. Pour le support, on avait envie d’être dans le contexte de pouvoir partager le contenu parce qu’aujourd’hui on ne vit plus des ventes d’albums. On voulait vraiment que ce soit un partage, que les gens qui l’achètent le partage au maximum. En même temps on s’était dit qu’avec la Cassette on retrouve cette idée de contraste, on a voulu essayer de mixer ça avec une clé usb.

Posé ces bases, ça ouvre une belle palette, 5 chansons ça reste éclectique. On a travaillé beaucoup avec les textes, parce qu’en fait on est 3 dans Pethrol, (une troisième personne qui s’appelle Guillaume et qui est à la fois parolier et manager). Je le connais depuis quelques années, a l’époque je mettais en page ces textes ( je suis en design graphique à l’ENSBA de Lyon). Il a commencé à écrire des poèmes que j’ai utilisé pour Eleanor Dolly.

J’ai arrêté d’écrire des textes parce que je préferais les siens et ça a continué logiquement avec Pethrol sans se poser vraiment de questions. Donc le 2ème EP on a vraiment travaillé une trame avec Guillaume, sur ses textes. On est vraiment parti de zéro à partir du deuxième.

On avait pas forcement envie de faire d’album parce qu’on est très productifs (on a pas mal de chansons on est déjà sur un quatrième EP en termes de créations alors que le troisième n’est ni sorti ni enregistré) et on a vraiment envie de donner et de réaliser assez ponctuellement des petits EP plutôt que de sortir un album.

Le deuxième c’est la première partie d’un pseudo-album, la deuxième partie sera le troisième etc … On s’est créé un univers. Mais ça reste un projet. Pour le quatrième EP on repartira sur autre chose. On a envie de dire des chose

C: Les thèmes restent assez variés

H: On est parti dans un délire. On avait envie d’exprimer et d’être dans un registre poétique pour ce premier projet.

On peut dire que vous êtes un groupe encore jeune, mais vous tournez beaucoup !

C: Ca commence oui.

H: On a une bonne sélection de dates et de scènes. Mais Guillaume en garde quand même. Parce que par exemple je passe mon diplôme en juin donc je ne peux pas trop non plus me permettre de ne faire que des concerts. Et on a envie de garder les belles scènes pour la rentrée. Pour l’instant on est entre 2 et 5 concerts par mois, mais une sélection de qualité ! On est super contents de jouer dans des lieux comme ça !

Et la vie en presque tournée alors?
C: On a pas encore trop fait de tournée. On a fait 2, 3 date qui s’accumulaient. C’est plutôt des résidences. Mais très très bien ! Et dans l’équipe, on s’entend tous bien.

H: Point important : Au début on était tous les trois avec guillaume. Grégoire est venu se greffer, ça a vraiment été important pour le booking. Puis après on a très vite trouvé, les techniciens (on a 3 sondiers et 2 aux lumières). On a une attachée presse sur Paris (Alexandra Stolz), un graphiste.

Je ne fais pas tout le graphismes de Pethrol j’aime bien laissé les beaux projets à des gens que j’apprécie aussi et je trouve ça plus intéressant d’avoir un oeil extérieur. On a quelqu’un également pour la vidéo, Pierre.

Tout c’est enchainé le plus naturellement du monde. Bizarrement et heureusement ! Tout le monde est à fond dans ce projet , On est tous là pour ce truc auquel tout le monde croit. On est une vraie équipe ! On est 12 derrière. Il y a une total confiance et beaucoup d’investissement personnel de la part de chacun. Je pense que c’est ça qui fait que ça marche. Que ça aille aussi vite du moins.

Etes vous impliqués dans la conception scénique de vos spectacles?
H: Totalement, c’est un travail d’équipe. Après on fait confiance aussi à la personne dans son domaine et dans ses compétences. Chacun y trouve son compte, sinon ça ne sert à rien de faire travailler tous ensemble. Il faut que tout le monde puisse utiliser en quelque sorte cette implication dans ce projet.
Tu as dit que tu aimais bien bougé sur scène. Ce sont des idées que vous partagez aussi avec les autres membres de l’équipe ?

C: Oui par exemple, Héloïse il lui faut un micro sans fil. Donc on se pose aussi des questions techniques mais géneralement tout le monde va dans le même sens. Il n’y a pas de problèmes en fait. Pas de moments où on se dit « là c’est pas possible, non ». Avec Pethrol, tout est possible. Et ça c’est vraiment important.

H: Un autre exemple, la résidence au Silex en janvier qui a vraiment un gros travail. On a pu travailler la lumière dans le meilleur contexte possible. C’est une scène géniale. Ils ont travaillé pendant plusieurs jours avant de faire un point. On a donné nos idées, pour changer deux trois petites choses, mais Jeremy a fait la plus grosse partie du travail.

Pour la scène aussi on a travaillé avec guillaume pendant les répétitions. Ce soir par exemple on a pas pu le faire mais si vous venez sur un plus gros plateau vous pourrez voir les efforts scéniques !

Vous avez sorti deux clips magnifique. Pour vous est-ce aussi important (au même titre que la conception scénique) de faire découvrir votre univers à travers la video ?
C: C’est dans l’air du temps. Depuis un moment. On pense que la vidéo est primordiale maintenant. Il fallait faire un clip.

Ca vous pousse à vous exprimer encore plus par rapport à votre univers?
C: Oui complètement !

H: On retrouvera le travail de Pierre, pour les deux prochains clips qu’on va filmer. Les deux premiers ont été réalisés par Loise Eme. On a changé entre temps mais on prend aussi en compte l’avis de l’équipe quand on confie un projet, on ne veut pas juste imposer notre point de vue. On veut des gens qui s’engagent et qui mette aussi leur patte.

C’est toujours un espèce d’entre deux pour arriver à faire un mix avec Pethrol. Du coup c’est un peu la surprise on prépare trois clips qui arrivent, deux en format normal et le troisième sera en forme de triangle! c’est de l’exclu !

Avez-vous d’autres projets pour la suite?
H: On sort un vinyle dans un mois, et on vient de recevoir aujourd’hui une track remisé par Opti (dirigeant du collectif Haste, Lyon).
C’est un avant gout d’un nouveau projet qu’on est en train de faire, une collab’ très orienté underground Techno/UK House. On va leur confier nos 9 tracks, Pethrol repris par Haste, ce sera pour le mois de Juin. C’est assez cool ça bouge. C’est une vision extérieur qui vient s’apposer. Vous allez bientôt pouvoir écouter tout ça !

Des remerciements..?
H: Si on commence à remercier on donne 35 noms donc on va dire : Bisous tout le monde. Ceux qui nous soutiennent, mais aussi les gens de Pethrol on est une grosse équipe ! C’est grâce à tout le monde que ça vit !

interview : Savanes & Jules
Photos : Blast 707 Photography