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Ingelik Moods, Indie free soul

sound -

Deux semaines d’attente après le bref coup de fil avec son manager, me voilà devant la porte. La louve, comme il l’appelle.
Je sonne
« Bonjour, entrez seulement et prenez place »

Effectivement, cette femme a tout du regard perçant de la chef de meute, déstabilisant et fascinant. « Du thé vert du Japon ».

Elle me tend la tasse
« Une pure merveille cette fleur» d’une voix suave et charmante
« Victoria, comment est né Ingelik Moods ? »
« Excellente question. Moi-même je ne sais pas. Assise en tailleur sous un arbre en pleine forêt, ma bougie allumée et mon carnet en cuir, j’ai attendu. Mon carnet s’est rempli de mots à toute allure et mon esprit en recevait les mélodies. »
Une étincelle dans le regard : «Raph! C’est bon j’ai reçu une tonne de chansons sur le coin de la gueule, je suis en montagne à Saint-Georges, il faut qu’on se voit ! ».

Elle a repris le bus de retour, après une nuit de jaillissement créatif, dans une chambre pas plus grande qu’une boite en carton ; the green box.

La jam a lié les deux premiers protagonistes principaux d’Ingelik Moods
« C’est aussi à la suite d’une journée à coups de « click » sur le web. »
Je la regarde interloqué. « Hello I’m looking for a guitarist /bassist ? »
Et là le troisième, par un coup du hasard, venait d’arriver de Roumanie dans l’espoir de créer un nouveau projet.

« Je lui ai envoyé mes démos vocales, « I have all the songs in my head, Victoria ». Il est venu. J’ai failli tombé de ma chaise en voyant, d’une part qu’il avait tout écrit sur des feuilles consciencieusement et qu’il soufflait sur sa guitare ce que j’avais dans mon esprit ».

Je l’écoute avec toute mon attention, une ambiance sereine et mystique nous enveloppe.

De là, les compositions s’enchaînent sur plusieurs sessions en studio à Genève, Zadlab. Les trois compères travaillent, sur un rythme passionné, assidu et juste, entre perfectionnisme et minutie. C’est une énergie entre volcan et iceberg qui se fond sur ces nouvelles essences musicales.

Ingelik Moods, un coup du hasard ?

Je pense que c’était écrit. Comment ces trois talents se seraient rencontrés entre l’une venant de Suisse, aux origines multiples, l’autre du Chili et le dernier de Roumanie ?
Il n’y a que la musique, qui planant au-dessus de notre réalité, a cette capacité de réunir ceux qui doivent la servir. Oui, comme elle dit, en toute humilité, « disciples de la Musique ».

Tous ont un bagage musicale présent : Celle-ci a commencé à 4 ans avec la méthode Wilhem «si ce n’est pas déjà dans le ventre de sa mère, ou sa vie précédente », celui-là aussi mais à travers les percussions, et le dernier a été repéré au jardin d’enfant pour ensuite se former à l’Académie de Musique en Roumanie et jouer dans le Philharmonic international.

Le plus étonnant est quand l’on découvre leurs morceaux : Eh bien non, rien de classique. Ca déménage et ça sonne rock, punk, blues, psyché, trip-hop avec une ampleur donnée par des sons basse-synthés électro.

La louve, me fait sourire par les séquences improbables qui ont animé le quotidien du groupe. Elle m’enchante…

Sur le palier de la porte, je me retourne :
« Et en fait, j’ai oublié, quel est votre style de musique ? »

Elle sourit :
« Indie free soul » Un clin d’œil, et la louve referme tranquillement la porte de sa tanière.

L’album s’appellera Totem, et cela leur colle bien à la peau.

« Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va ». Jean 3, la Bible

En tout cas, moi, le vent m’a déposé ici et, j’ai passé un moment qui restera gravé dans ma mémoire.