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Yoan Puisségur (Artifist Galerie)

art, Interview, tattoo -

Bonjour Yoan, merci de me recevoir ! Pour commencer, est ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ?
Yoan, 31 ans, tatoueur chez Artifist Tatouage Galerie à Pau depuis un peu plus d’un an.

Quel est ton parcours ?
Après un lycée général option Arts Plastiques, je suis parti à la fac en LEA Anglais/Espagnol/Portugais.
Je fais partie d’une association de musique, c’est au travers de celle-ci que j’ai commencé à me construire un réseau de musiciens et de tatoueurs dans mon entourage.
En dessinant régulièrement, j’ai fini par décrocher des propositions de créations d’affiches pour des collectifs de musique. Je le fais maintenant depuis 6 ans, pour un total de 150 à 200 affiches à peu près, ainsi qu’une quinzaine de pochettes de disques.

Okay ! Finalement rien ne te prédestinait au tatouage. Qu’est ce qui t’a décidé à passer de l’autre côté de l’aiguille ?
Je me suis fait piquer pour la première fois vers 15/16 ans, et mes potes musiciens étant presque tous tatoués ou tatoueurs, la passion pour le tattoo s’est développée parallèlement à mes études.
Je n’ai jamais vraiment pensé à devenir moi même tatoueur, c’est surtout pour mes potes que ça semblait logique, du coup à force d’encouragements, Caro de Artifist Tattoo m’a proposé de me former.
Au début je me posais pas mal de questions, surtout vis à vis de la transition papier-peau.
Et en fait non, c’est devenu évident pour moi, comme quelque chose de naturel.

Pourrais-tu nous dire d’où viennent tes influences ?
Pour la peinture et l’illustration, le pointillisme et le pop surréalisme, Todd Schorr, Mark Ryden, Jérôme Bosh, l’Art du Rock, ou des classiques comme Dali et Magritte
En ce qui concerne les tatoueurs, je ne regarde pas souvent ce que font les autres pour ne pas être trop influencé. Pour en citer quelques uns, j’aime bien le travail d’Emily Rose Murray, Jeff Gogue, Victor Chil, Black Heart et Léa Nahon .

Pour toi c’est quoi le tatouage ?
C’est un art à part entière, un mélange entre artisanat et art.
Ca relève completement du domaine du sensible, c’est plus quelque chose qui se ressent plutôt que quelque chose qui s’explique.
Personnellement c’est plus une continuité directe avec mon travail d’illustrateur, un challenge et un travail intérressant du point de vue du support (peau) mais aussi de la texture, du mouvement. Pour moi, tatouage et illustration sont indissociables.

Et quels sont tes débuts, ton style ?
Des débuts un peu délicats : la fameuse adaptation au support peau, ça demande une attention constante vu que c’est un support exigeant.
Du coup j’ai fait mes débuts sur mes potes (merci les cobayes !) et moi même pour me sentir à l’aise et trouver mon style.
Pour le style en lui même, je suis plutôt noir, j’aime sa sobriété et son aspect brut. J’utilise la couleur avec parcimonie, également de manière assez brute pour des projets bichromiques par exemple, mais c’est quelque chose que j’aimerais développer.
Ce que j’aime c’est m’inspirer de références graphiques comme les comics et l’art japonais, pour les revisiter, détourner les codes et proposer quelques chose de différent. J’aime bien travailler le remplissage avec des points et des traits pour garder cet aspect graphique et pour jouer sur les reliefs, les mouvements, avec des dégradés de points, des hachures, pour donner un effet de croquis à la Gustave Doré. Ca donne une texture particulière aux tatouages qui rappelle mes affiches.

Les petits bonheurs de la profession ?
Bien sûr il y a un côté tatouage alimentaire quasi obligatoire si on veut en vivre, mais au delà de ça, il y a le plaisir de la reconnaissance du travail et du style. Les clients qui te donnent carte blanche ou qui savent au contraire très bien ce qu’ils veulent mais avec ma touche perso, c’est gratifiant.
Mais le must c’est quand on me demande un tattoo directement inspiré d’une de mes affiches (graal suprème !).

Merci Yoan, pour finir est ce que tu peux nous présenter un peu le shop et les projets à venir ?
Pas de soucis, Artifist Tatouage Galerie est un salon de tatouage et une salle d’exposition. Nous sommes deux tatoueurs, Caro (the big boss) et moi même, et une pierceuse Emilie nouvellement arrivée,et Gaëtan, qui s’occupe de toute la partie expositions
et événements .
Mes projets… Des vacances ! Plus sérieusement continuer à m’investir dans le tatouage et continuer à bosser sur mes projets d’illustration le plus longtemps possible.
En ce qui concerne le shop, on organise la première convention de tatouage à Pau, qui fait écho à celle de Montreuil (octobre 2013), avec plein d’artistes tatoueurs de France mais aussi de l’étranger. C’est un projet plutôt cool et on espère que ça va bien marcher !

Interview: Audrey Souriat
Photos: DR