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Robert Pavez

art, Interview, tattoo -

Nouvelle recrue du Manoir, Robert Pavez est un tatoueur que nous suivons depuis plusieurs mois sur les réseaux sociaux. Vous ne le connaissez pas encore, et bien c’est le moment d’en apprendre un peu plus sur ce personnage en provenance du Chili dont l’univers et les lignes sont juste magnifiques !

Robert, bonjour, peux-tu te présenter ?
Salut, je suis un graphic designer de 30 ans, je suis né à Santiago du Chili. J’ai une fille et je réside actuellement à Stockholm en Suède. Je suis un grand fan de musique et de skateboard, j’adore aller à des concerts et je suis un nerd pour tout ce qui concerne le design graphique. Je suis une créature de la nuit, fan de minimalisme, monochrome et je n’aime pas faire des cover up (tattoo). J’aime chiller avec ma petite famille. Aujourd’hui je suis fier d’être un tatoueur professionnel, je me suis formé tout seul. Mes objectifs sont clairs : améliorer mon style, voyager et rencontrer d’autres tatoueurs.

Quel est ton background ?
Je peux te dire que j’ai commencé comme graphic designer en 2007, travaillant dans différents univers : print, web, publicité et aussi pour la télévision. Dans le domaine de l’édition j’ai par exemple collaboré à des ouvrages comme « History of printing in Chile, Roots and branches of graphic design in Chile », Tone magazine et j’ai monté un exposition au musée du design de Santiago. J’ai créé différentes choses pour une chaine du câble aussi (VIA X), fait des magazines pour mobiles, fait du branding, des scénographies, et diverses collaborations avec des sites internet.
Début 2014 j’ai décidé de me tourner exclusivement vers le tattoo au Chili en développant mon style. Mes expériences passées m’ont aidé à rendre cette transition facile. Maintenant je dispose de mon studio en Suède  et j’ai pas mal de projets excitants.

C’est quoi qui t’a orienté vers le tatouage ?
J’ai juste cru que je pouvais y arriver et que je n’avais rien à perdre. Ca a commencé comme ça. J’ai commencé il y a 6 ans maintenant, d’abord sur moi, comme beaucoup, afin de montrer à mes clients potentiels ce que cela donnait. Au début c’était à des amis et ma famille (classique !). Je pratiquais le tattoo plus comme un hobbie car j’étais encore graphic designer à l’époque. C’est en 2014 que ça a commencé à devenir vraiment excitant car j’ai commencé à réaliser mes illustrations et que j’ai décidé de créer cet univers graphique fait de lignes et de points qui me caractérise. C’est à de moment là que je suis devenu tatoueur à plein temps. C’est top car c’est à ce moment là que j’ai arrêté de travailler pour mes clients, à faire des choses qui ne me plaisaient pas forcément et surtout avec la peur au ventre de proposer des choses un peu innovante. Mes clients ne voulaient que des choses simples, ce que le public attendait. Aucune surprise, aucune expérimentation pour « pousser le bouchon un peu plus loin ». J’en ai eu marre et donc cette envie de passer au tattoo avec mon univers est arrivé à point nommé. J’étais super bien payé mais ça me m’amusait plus. Il a fallu tout recommencer à zéro, mais c’est une réelle satisfaction et c’est très motivant pour moi. JE suis fier de ce que je fais et produits d’un point de vue graphique.

Comment peux-tu définir ton style et tes influences ?
C’est super difficile de me cataloguer donc la meilleure manière de voir mon travail est simplement de dire que je travaille en noir et blanc, avec une technique proche de la gravure, dessinant des scènes irréelles et appliquant des ombrés en dot work. J’aime préparer mes compositions avec une certaine géométrie et des détails. Mais j’ai du mal à définir mon style sorti de cela. J’aime la gravure et ce coté « Renaissance » que l’on retrouve dans mes tatouages. J’essaie constamment de m’améliorer et de faire évoluer mon style. Je vais peut être m’orienter vers des choses un peu plus colorées à l’avenir. Ca ne ma fait pas peut, je n’aime pas l’idée d’être enfermé dans un style. MEs influences elles sont nombreuses : Alberto Durero, M.C. Escher, Gustave Doré, Marcantonio Raimondi, Max Ernst; des designers comme Saul Bass, Milton Glaiser, David Carson, Shepard Fairey, Joshua M. Smith; Des peintres et illustrateurs comme Dan Hillier, Mark Ryden, Gary Baseman, Robert Crumb, Alex Grey. Il y a aussi des street artistes comme Nychos, DALeast, Alexis días, Roa. Et « last but not least », des tatoueurs comme Chaim Machlev, Pietro Sedda, Jun Cha, Maxime Büchi, Kenji Alucky, Corey Divine, Bent Volt, Loïc LeBeuf, David Cote.

Comment tu as atterri en Suède ?
J’ai atterri en Suède car mon amie est originaire de Suède et comme nous avions la joie de devenir parents, on a décidé de vivre dans ce magnifique pays ! C’était un peu fou car, pour moi, c’était un nouveau départ (encore), mais vivre ça pour mes 30 ans a l’a rendu très heureux. En plus du reste il y avait pour moi la barrière de la langue et la poursuite aussi de mon parcours de tatoueur.

Ton souvenir tattoo le plus fou ?
Wow, j’en ai pas mal ! Entre les mecs sur le point de s’évanouir, ceux qui n’arrêtent pas de parler, ceux qui veulent en cours de tattoo changer le motif, ceux qui hurlent … Mais je me souviens d’un client en particulier, c’était mon second tattoo en « dot work », une session de 9 heures. Je faisais un hibou sur la jambe d’un mec. On a fini à 4 heure du matin. Ma main était morte et la jambe de mon client vibrait sous la douleur (pour lui). On a finalement terminé le matin suivant. C’était chaotique mais le résultat en valait la peine ! Le truc qui m’amuse le plus c’est que souvent se sont les mecs qui se plaignent concernant la douleur, jamais les femmes !

T’es heureux de faire partie des artistes du Manoir à Paris ?
Je suis super content de pouvoir venir tatoueur au Manoir et de faire découvrir mes tatouages au public Français. Je suis aussi impatient de rencontrer d’autres tatoueurs, de pouvoir échanger avec eux et faire partie de ce nouveau projet !



On peut espérer te voir quand alors ?
J’adorerai venir en 2015 mais mon planning est déjà complet avec des résidences au Chili et aux US. Mais ce sera ue de mes priorités en 2016, je ferais en sorte de venir le plus rapidement possible !

Tu as quelque chose à ajouter
Oui, un truc important concernant les machines. J’ai monté et démonté de nombreuses machines, j’ai essayé tout un tas de bobines, encore et encore, différentes aiguilles, grips, encres etc … Avec tous les produits disponibles sur le marché, on a vraiment besoin de prendre le temps de tout essayer afin de trouver ce qui fonctionne le mieux pour nous (tatoueurs !). Je ne veux pas mettre en avant une marque plutôt qu’une autre mais je viens d’investir dans une super machine, simple, facile d’utilisation, rapide. Une bonne machine, en plus des « talents » du tatoueur fera un bon tattoo ! Avec de bonnes idées, une bonne technique et un matériel adéquat, le résultat sera bon, aucun doute là-dessus. C’est pourquoi je recommande fortement aux tatoueurs d’essayer un maximum de matériel et ou de combinaisons. Ca vaut le coup !

Vous pouvez contacter Robert sur son email : ro.tattooart@gmail.com

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