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Kouka – Bantus No[s] Culture[s]

art, Événement, VCR -

Figure libre de la scène artistique urbaine, Kouka présente à Jardin Rouge la puissance rassurante et protectrice de ses « Guerriers Bantus », à partir du 4 Mai 2015.

Diplômé des Beaux Arts d’Avignon, Kouka fuit pourtant tout académisme et se réclame comme « Un pur produit du Goudron ». L’artiste veut exprimer, et non représenter, une réalité essentielle, débarrassée des écrans trompeurs de l’apparence : la réalité que nous ressentons, qu’il ressent, en observant nos sociétés. Dans sa peinture, c’est vraiment le sentiment qui domine, il n’est pas question de spasmes, il y a bien une humanité ancrée, une conscience. Eternel voyageur, en 2008, c’est la terre Afrique qui l’inspire et qui lui a permis la rencontre avec la civilisation originelle africaine : Les Bantus. Depuis, Kouka veut honorer leur mémoire et a entamé un long travail sur la question de l’identité. Incarnation de sa quête des origines, ces Guerriers Debout nous interrogent sur la vie et la mort, le passé et le présent mais aussi sur les traditions et les cultures. Certaines traditions résistent à la modernité. L’artiste aime a rappeler que s’il est possible de s’accaparer un territoire, on ne peut s’approprier une culture. Kouka nourrit dans son oeuvre une relation triangulaire entre la nature, les hommes et le sacré. Les sentinelles bantus, gardiennes de l’humanité font écho à certaines inquiétudes qui résonnent en nous : conflits, censure, justice ou encore injustice. Immobiles, torses nus, vêtus d’un simple pagne et munis d’une lance, les « Bantus » nous protègent et veillent à perpétuer la mémoire.

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En résidences successives à Jardin Rouge depuis deux ans, Kouka a prolongé sa réflexion sur l’action de peindre comme puissance manuelle. Finalement, plus besoin de représentation, pour les Bantus : c’est la présence de la peinture elle-même, la présence du corps de l’artiste, de son geste, de l’instant de peindre. Dans l’urgence et sans retouche, sur des palissades de bois, il travaille la matière afin d’atteindre au plus juste l’émotion. Le mouvement est expressif et le geste spontané, laissant volontairement apparaître les imperfections, les imprécisions et les coulures. L’acte de peindre est profond, il superpose les écritures empruntées à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme à l’élément figuratif, créant un voile entre le visage de l’artiste et le spectateur qui devient protection et vecteur de pensée. Le regardeur a ainsi statut de témoin de conscience. Au Maroc, au Brésil, au Congo, aux Etats-Unis, en Belgique…. Les oeuvres de Kouka traversent les frontières. L’artiste appose ses Bantus , libres et dignes, partout où il va. Les plus imposants : en 2011 sur la façade d’un immeuble à Paris où 77 « guerriers Bantous de la République » sont peints, et depuis quelques mois sur un mur de 50 mètres de long, à Wynwood, le quartier d’entrepôts de Miami devenu la « Mecque » américaine du street-art. Désormais, les bantus veillent sur l’Amérique. L’événement « Bantus – No(s) Culture(s) » marque le retour sur le continent Africain de ces Guerriers pacifistes. Jardin Rouge dévoile une vingtaine de palissades que l’artiste Kouka a réalisé pendant ses résidences Marocaines. A découvrir absolument du 4 Mai au 7 Juin 2015 à Jardin Rouge !

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Photo : Stéphane Davi