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Rencontre : Captain Chaos

art, tattoo -

Du sombre comme on l’aime. Douce violence. Le contraste des émotions. Des belles histoires teintées de noir. Des prints, du flash, du tattoo, des bijoux, du bois, jeu des textures et des sensations. Claques visuelles. Ouais, clairement, des claques visuelles. C’est une infime partie de l’univers de Captain Chaos. Nuancé de prise de risque parce qu’il n’y a pas d’âge pour remettre les compteurs à zéro, pour démarrer une autre aventure. Graphiste ennuyé par les plaquettes commerciales sans âme, Matt arrive à saturation et en revient aux sources : «J’ai senti le besoin de redessiner, ça faisait peut-être 10 ans que je faisais que de l’ordi, Photoshop, Illustrator, de la tablette graphique, ça me fatiguait.

J’avais besoin de refaire du dessin, de l’aquarelle et inévitablement ça s’est tourné dans un style tattoo ». Quelques temps plus tard, l’opportunité de découvrir Los Angeles se présente et contre toute attente, elle devient sa ville de cœur, sa ville d’adoption. Elle incarne la vitesse et la création et ça, c’est ce qui lui plaît. Le plaisir, l’inspiration, l’espoir. Alors, c’est le déclic, tout planter et pousser des portes pour trouver un apprentissage dans le monde du tattoo. A force de balader son book, il est accueilli chez l’énorme shop Golden Daggers. Après un an de formation dans la cité des Anges, deux, trois galères administratives vont le ramener en France pour quelques temps…

Et pour le moment, il est toujours à Lyon, chez Smoll Tattoo (et je vous conseille vivement d’aller voir leur taf de folie). « Ce que ça change de se former aux US ? Pas grand-chose, si ce n’est qu’ils veulent les choses toute suite, alors en étant apprenti, ça percute beaucoup. Il y a une grosse culture, j’ai l’impression que tout le monde est tatoué. En tant que débutant, je piquais dans des conditions très encadrées. Mais en général, il y a beaucoup de gens dans les boutiques, qui viennent comme ça et qui laissent 20 min pour dessiner et leur tatouer un truc. ». Captain c’est un tatoueur mais c’est surtout un passionné, un mec animé par la création et qui met une sacré dose de sentiment dans tout ce qui fait. Si vous le suivez sur sa boutique ou son Insta, vous verrez qu’il est toujours en mouvement et qu’il exporte ses œuvres sur tout un tas de support : « C’est important de diversifier les domaines d’activité, je suis quelqu’un qui se lasse très vite des choses et je déteste, j’ai peur d’arriver à saturation sur un des domaines. J’ai pas envie de saturer et que ça me fasse chier. C’est idéaliste mais j’ai envie de faire ce qui me plait tout le temps en fait. Donc mélanger les activités ça me permet de le faire, j’accorde du temps à l’illustration, j’accorde du temps au tatouage, j’ai envie de créer des choses peu importe le support : de la peau, des bijoux ».

10 000 projets en tête et quelques-uns qui voient le jour, collaboration pour des bijoux ou encore avec une jeune marque qui fait des objets en bois, des séries limités, des exclus… Le tout mélangé à une pointe d’ambiance ténébreuse. Côté tattoo, c’est un jeune apprenti qui a déjà un sacré style, inspiré de l’art en général, en constante recherche et évolution, qui se cherche encore, qui découvre et qui s’adapte : « Je dessine d’une façon où les projets je les commence, je les reprends, je les finis pas, alors qu’un tatouage ça m’impose une vraie rigueur, très différente de ma méthode de travail en illustration. Je peux pas laisser traîner et le reprendre 3 semaines plus tard. C’est aussi beaucoup de stress. Moi, chaque tattoo, c’est à vie, c’est important, c’est facile à dire mais j’ai envie que tout le monde soit content. Une illustration je la fais, je la mets en vente sur ma boutique et si elle plaît pas trop, elle se vend pas trop. Un tattoo t’as pas le droit à l’erreur ». Niveau inspiration, c’est quelques grands noms du tattoo comme Paul Dobleman, le crew Spider Murphy, l’équipe de chez Smith, Dan Santoro et Steve Boltz, James Mc Kenna, les artworks de Mike Giant ou Tom Gilmour mais, c’est surtout tout ce qui est visuel : « En ce moment je suis vraiment dans les délires occultes, antiques, mystiques, vielle gravures. Mes nouvelles planches sont vraiment inspirées de ça.

J’ai pas vraiment d’univers, c’est assez sombre en général. Mais après je suis de nature curieuse, je fouille beaucoup. Je passe plus de temps à regarder des Tumblr et à faire défiler des images à l’infini pour regarder des trucs que j’aime bien et après ça m’inspire plus ou moins. » Quand t’as la chance de le rencontrer, tu prends une grande bouffée d’air en pleine tête, ça fait du bien de rencontrer des personnes qui vivent au jour le jour, sans prise de tête et qui prennent des risques. Une humilité dingue dans la spirale de la nouvelle génération de tatoueurs où y’a pas deux mecs qui font la même chose, des styles puissants qui te prennent les tripes et où tu te retrouves tellement. Alors tu passes du temps à regarder leurs œuvres et à t’inspirer toi à ton tour, à faire une liste des artistes qui arrivent à mettre des images sur les mots qu’on a dans le crâne, à recouvrir tes murs, à habiller ta peau.

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Crédits photos : Docteur Von Wild
Article : Alexandra